Pour faire suite à nos tutos sur le traitement voici quelques conseils  :

  • Mettez votre instrument dehors au moins 1 à 2 heures avant de faire une acquisition.
  • Pour les télescopes, assurez-vous qu’il soit bien collimaté ( normalement les lunettes n’ont pas besoin d’être collimatées) : une collimation approximative ruine très rapidement la qualité des images.
  • Ne forcez pas trop sur le réglage du gain car cela génère du bruit qui « noie » les détails de l’image.
  • Soignez la mise au point, n’hésitez pas à la faire plusieurs fois à chaque acquisition.
  • Privilégiez les acquisitions quand la planète est proche de son opposition (quand elle est au plus proche de la Terre)
  • Attendez que la planète passe au méridien (le moment où elle est au plus haut dans le ciel), c’est là que l’image sera le moins affectée par la turbulence.
  • Qui dit vent ne dit pas forcément turbulence, j’ai déjà eu des soirées venteuses avec une turbulence assez faible et des soirées sans vent mais avec une turbulence épouvantable : tentez quand même votre chance même si cela souffle un peu.
  • Le ciel doit être le plus transparent possible, le moindre voile nuageux, même léger, réduit tout de suite la qualité de l’image.
  • Votre film doit faire au minimum 600 images pour pouvoir en compiler 300 et obtenir ainsi une qualité suffisante.
  • N’hésitez pas à faire plusieurs films, la turbulence étant par nature très variable, vous pourrez tomber sur un « trou » et ainsi bénéficier d’une acquisition d’une qualité très supérieure aux autres réalisés avant ou après dans la nuit.
  • Au début, n’hésitez pas à faire des essais en jouant sur les différent paramètres (vitesse d’obturation, gain, nb d’images/ sec, temps d’acquisition,…) pour juger du résultat et faire ainsi votre propre expérience.
  • Ne dépassez pas 10 à 15 images/secondes grand maximum car au dessus la compression des images fait perdre beaucoup en qualité.
  • Chaque planète a ses spécificités :
    • Mercure et Vénus : aucun détail visible et chromatisme atmosphérique très présent car elles ne sont jamais très hautes sur l’horizon => utilisez 10 à 15 images par secondes et la vitesse d’obturation la plus rapide et des durées d’acquisition de 4 à 5 minutes pour essayer de figer la turbulence et engranger un maximum d’images pour ne compiler qu’un quart d’entre elles.
    • Mars : elle rayonne beaucoup dans l’infrarouge et nécessite donc un filtre IR/cut pour éviter d’obtenir des images baveuses. Beaucoup détails accessibles, même avec des optiques de 120mm. Elle tourne lentement, on peut donc réduire la fréquence à 5 images par seconde (pour limiter la perte liée à la compression du signal) et utiliser des temps d’acquisition longs (4 à 5 minutes).
    • Jupiter : Elle tourne TRES vite sur elle-même (en 10h), la durée d’acquisition ne peut donc excéder 2 minutes pour capturer tous les détails (on peut même descendre à 1 minute avec des cameras type DMK). La fréquence d’images sera fonction des conditions atmosphériques si le temps est calme, utiliser 5 images par secondes, 10 voir 15 images / secondes si le temps est plus turbulent. Comme elle est aussi très lumineuse, il est en général possible d’augmenter la vitesse d’obturation, ce qui fige plus la turbulence.
    • Saturne : tourne aussi très vite et est aussi beaucoup moins lumineuse que Jupiter. Il faut souvent mettre l’obturation à vitesse minimum pour gagner en sensibilité et pousser plus le gain que sur Jupiter. En revanche, les détails accessibles étant très limités pour les optiques inférieures à 150mm, on peut utiliser des temps d’acquisition beaucoup plus longs de l’ordre de 4 à 5 minutes.
    • Uranus : Pour de petites (et moyennes) optiques, rien à espérer si ce n’est de capter un petit pois bleuté, mais le challenge est intéressant à tenter…

    • La Lune : c’est presque la même démarche, il faut juste utiliser la fonction « align & stack (1) » du menu « processing » au lieu de la fonction « align & stack (2) ».

    • Le Soleil : La méthode ci-dessus peut aussi fonctionner MAIS UTILISEZ DES FILTRE ADAPTES cela vous évitera de cramer votre webcam ou pire, vos yeux !!! Pensez aussi à enlevez le chercheur, cela vous évitera de regarder dedans par reflexe (ça, ce serait balot !)  ou de bruler le réticule qui est souvent réalisé avec 2 petits fils tendus au point focal du chercheur.

J’espère que ces petits tutos vous seront utiles, n’hésitez pas à nous faire part de vos questions et remarques, sinon il existe pleins d’autres tutos sur Internet, dont certains plus complets et proposants différentes méthodes, allez les voir, vous y trouverez d’autres astuces et conseils.  Vous pouvez aussi aller sur le site de C. Buil, le concepteur d’IRIS qui contient toutes les fonctions du logiciel.